La participation de Captainelili :
La page blanche ne m'inquiète pas.
Elle est mon amie, l'espace de mes nuits ou mes jours dans lequel s'inscrivent mes mots lorsqu'ils sont prêts. Avant de se poser sur la page, les mots voyagent dans ma tête, dans mes esprits.
Je ne m'asseois pas pour écrire si je n'en sens pas la nécessité, si je n'ai pas un fil de mots à tricoter, une pelote à repelotonner à ma guise.
La page blanche ne m'inquiète pas.
Elle m'attise, me captive et m'embarque. Elle m'en conte.
Elle attend, comme une boîte, comme un coffre en bois, que j'y dépose mes mots, mes petits mots.
Elle m'attend. Elle n'est pas mon ennemie, elle a le temps avec elle.
Si je suis frustrée parfois de ne pouvoir m'y glisser et planter les graines de mes mots, c'est parce que la quête peut être longue, cafouilleuse, et qu'au jeu de l'insaisissable, on ne gagne pas
toujours...
Mais la page blanche est une promesse, un désir, une séduction. Une partition invisible à l'oeil dont je dessine les traits mystérieusement.
La page blanche est éphémère.
Peau vierge sur laquelle on peut tracer l'océan des songes et des vies.
Passagère clandestine en partance pour des îles qui la chamboulent et la rénovent.
Pays sage où tout peut s'affoler.
La participation de Cindy :

Pour bien me mettre dans l'esprit du sujet, j'ai décidé de visualiser la page en question.
Ndlr : encore une séquelle due à mes cours de formation divers et (a)variés où l'on vous apprend à "voir" le but pour l'atteindre. il ne manque plus que le dopage et on n'aura plus
rien à envier aux sportifs. Passons.
Donc la page blanche, la voici :
Rectangulaire, format A4, papier blanc et grammage à 90 g/m2, là vous allez être obligés de me croire sur parole parce que sur l'écran, ça donne moins bien.

Cette page toute seule est un peu triste... pas très intimidante mais dégageant une certaine morosité et une impression de vacuité... ou d'inachevé ?
Bref : il manque quelque chose.
Puisque Enriqueta nous a fourni gentiment un sujet en or, on va lui mettre un titre à cette page blanche.
Ce n'est pas très original, mais ça a au moins l'avantage de poser le problème. Et ça la définit ! Il y a bien un tableau qui s'appelle "Carré blanc sur fond bland" voici donc Mesdames et
Messieurs : "La page blanche".
Dix minutes d'écriture pour en arriver à dessiner une page blanche... je suis sûre que vous
commencez à vous poser des questions (si ce n'est pas le cas, c'est moi qui m'en pose !). Il y a quand même quelque chose qui me chiffonne. 
Certes ma page blanche, outre le fait d'être blanche, est définie et fonctionnelle mais ce n'est
pas beaucoup plus gai... c'est très sérieux et franchement, ça ne me ressemble pas.
Hop, je sors ma bombe à peinture fétiche et mon stylo parfum chocolat avec des étoiles dessus. Voilà qui est mieux.
Mais, certes, me direz-vous, il y a un problème : ma page blanche n'est plus blanche. Elle est orange.
Peu importe ! Le but de l'exercice était de parler du blocage des écrivains face à la page vide, pas de faire une dissertation sur la couleur de la fameuse page. Et cette jolie page orange avec
son titre à arabesque, elle ne vous inspire pas plus, hein ?
Il reste quand même un dernier point : qui a dit que la page blanche devait être carrée avec les yeux dans les coins comme le poisson pané ?
Soyons créatifs que diantre et faisons fi du conformiste ambiant.
Après la bombe à peinture, les ciseaux. Et voilà une belle étoile de shérif à 5 branches !
Pendant que je me concentrais sur le problème posé par Enriqueta et que je réfléchissais à quelles pensées profondes j'allais pouvoir inscrire sur ma page blanche mon étoile, je
me suis surprise à gribouiller.
Du coup, ma page blanche, qui n'etait plus ni blanche ni carrée,n'est plus vide non plus.
L'avantage supplémentaire est qu'il n'y a plus trop de place pour
écrire donc inutile de se stresser pour savoir comment remplir cette page blanche-là.
Conclusion : la prochaine fois que vous êtes aux prises avec la page blanche, sortez les ciseaux, les pinceaux, la peinture, la colle et les feutres de couleur et amusez-vous
!
La participation de Cavalier :
Sangs blancs d'idées noires
Ah ! Le trou noir ? Troublant…
Cela ne m’était jamais arrivé depuis un siècle que j’écris mes articles
sur ce blog. L’inspiration n’est pas au rendez-vous. J’ai rarement vu ça !
Tout est bien là pourtant. Mes dictionnaires. Et ceux des synonymes aussi.
Mes recueils de nouvelles et de légendes turco-bretonnes. Les journaux de la semaine dernière. Télé 7 jours. Les lettres de ma grand’mère - Dieu ait son âme. Ma Sainte Bible.
Mes proverbes et dictons disparus. Mes citations préférées. Alice et le
corsaire. Les dialogues de Marc Dorcel en deux volumes.
J’ai même discuté avec ma copine, avec trois voisines, avec la commère du
quartier, avec le facteur, et même avec une caissière. Rien. Rien de rien. Je regrette…
J’ai retaillé trois fois mes crayons de bois. Nettoyé à fond mon clavier.
Démonté et huilé ma souris. Surfé sans relâche, et sans but sur le net avec dix fenêtres ouvertes en même temps. Rien.
J’ai ouvert tous mes livres au hasard, noté les mots rencontrés. Noté leurs
contraires aussi. Pris la télé, en cours de route, sur des élections, un mariage, des chansons, noté et renoté des idées. Rien. Nada. Je ne sais pas quoi vous dire. Je ne sais plus quoi
inventer.
Bon sang, c’est dans l’action que je vais progresser. Je prends une feuille
blanche, ma nouvelle gomme. Je vais écrire tous les mots qui me passent par la tête. Action, réaction.
Allons-y : " Cela ne m’était jamais arrivé depuis un siècle que j’écris mes articles sur ce blog. L’inspiration n’est pas au rendez-vous. J’ai rarement vu............ "
élargissons la discussion sur les blogs notamment en évoquant le temps que vous passez à bloguer.